Comment distinguer la phobie sociale de la timidité? Comment elle nous limite et nous empêche de tisser des liens sociaux…?

 


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La différence entre la phobie sociale et la timidité, c’est une source de stress intense qui envahi et altère profondément les choix affectifs, scolaires ou professionnels. Celle-ci concerne l’ensemble des sensations désagréables éprouvées en situation sociale et engendrées par l’idée d’être ridicule ou de ne pas être à la hauteur par rapport aux autres.

 

La phobie sociale, un sentiment d’impuissance permanent

La phobie sociale est une peur irrationnelle, qui se manifeste chaque fois que le sujet est exposé à l’éventuelle observation attentive d’autrui. Timide à l’excès il va anticiper avec angoisse des conversations même entre amis : il aura peur de silences (« il faut que je dise quelque chose, sinon le  personne va penser que je m’ennuie avec elle »). Il attendra avec angoisse un appel téléphonique de quelqu’un qui risque de lui demander une faveur (« comment vais-je réussir à dire non, il va penser que je suis égoïste »). En fait, il est convaincu de ne pas avoir les comportements sociaux adaptés : « Je ne saurai pas faire face aux autres. »

 

 

 

La phobie sociale : la peur de l’autre est une peur du ridicule

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Les peurs sociales débutent progressivement à la fin de l’enfance et  au début de l’adolescence et perdurent jusqu’à l’âge adulte. Ces jeunes sont inhibés, évitent le regard des autres. A la cantine de l’école, ils ont des nausées ou ressentent comme un nœud dans la gorge qui les empêche d’avaler s’ils se croient observés. Ils craignent de renverser un verre, ils ont peur que leur main tremble en tenant une fourchette ou une tasse. A l’école, ils se placent au fond de la classe par crainte d’être interrogés tant ils redoutent d’aller au tableau, de « dire une bêtise » et de provoquer des moqueries. Ils ont peu d’amis et se sentent toujours abandonnés s’ils se retrouvent seuls dans une situation sociale. Ils désirent entrer en contact avec les autres mais s’estiment incapables de tenir une conversation, de prendre l’initiative. Ils sont dans un état de frustration permanente et admirent ceux qui se comportent avec aisance.

 

En général l’anxiété sociale diminue lorsqu’ils se retrouvent avec des jeunes encore plus timides ; dans ce cas, ils peuvent se comporter normalement, sans avoir l’impression d’être jugés. Mais, en règle générale ils déclinent les invitations et restreignent leur vie sociale, uniquement par peur de ne pas savoir « quoi dire ». Les relations sociales et leur cadre (soirées, réunions de travail, stage de formation, club de loisirs, transports en commun…) sont les deux principales sources de stimuli anxiogènes. Ils anticipent avec une anxiété somatique intense, la récitation d’une poésie, un exposé, un dîner au restaurant. Leur sommeil est perturbé la veille des « situations à risque ». Lorsqu’ils sont confrontés à la situation, les symptômes somatiques (accélération du rythme cardiaque, transpiration, rougissement…) apparaissent. Ils luttent pour que ces signes anxieux ne soient pas repérer pas les autres et en perdent leur capacité d’adaptation, notamment la mémoire d’évocation : « le trou noir » est une bonne image de leur fonctionnement cognitif altéré par l’anxiété sociale.

 

A force de craindre le ridicule, ils ne font plus rien. Ceci peut entraîner un cercle vicieux où l’évitement de la situation phobogène est justifié par la mauvaise performance. A l’adolescence et à l’âge adulte, le souci de passer inaperçu, malgré un goût vestimentaire affirmé, va déterminer des choix de couleurs et de formes qui n’attireront pas l’attention. Le corps ne peut pas être investi comme porteur de  messages et valorisé. Aucune excentricité n’est admise : toujours le même coupe de cheveux, le même type de vêtements…Parfois, un vécu dsymorphobobique accompagne l’anxiété sociale : un nez trop long, des cheveux qui frisent, par exemple justifient aux yeux de la personne le fait de ne pas parler aux autres.

Le phobique social redoute donc d’attirer l’attention sur lui et d’avoir l’air ridicule. Dans les transports en commun, par exemple, il refuse de s’asseoir en face d’autres passagers et il évitera de parler avec un proche ou un ami de crainte d’être regardé ou écouté par les autres.

 

 

De la phobie sociale à l’estime de soi

 

L’inhibition des capacités de communication aurait pour effet une mauvaise estime de soi. L’estime de soi concerne un ensemble de jugements et d’opinions sur soi-même. Le sujet, pour répondre à ses aspirations, considère ses résultats, ses capacités, ses compétences, son sentiment d’habilité et ses comportements, en fonction du degré d’acceptation ou d’estime qu’il a de lui-même. Ainsi, un individu qui s’estime peu souffrira d’un sentiment d’incapacité et d’infériorité ; il se sentira inapte à faire face au stress suscité par les événements sociaux. S’approuver ou se désapprouver sont des attitudes qui indiquent dans quelle mesure nous sommes indépendants du jugement et du regard d’autrui.

 

 

 

 

Une phobie par anticipation

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Se percevoir soi-même ou avoir conscience de soi est un état psychologique habituel pour la plupart des gens lorsqu’ils se trouvent en présence d’autrui. Etre attentif à ses émotions, ses pensées, ses idées, ses comportements, nous permet d’être en interaction, de se confronter à autrui et de développer des connaissances sur nous-mêmes. Mais parfois les autres sont générateurs d’anxiété et nous craindrons de nous comporter de façon humiliante et embarrassante. Une conscience de soi anxieuse favorise un ensemble d’idées de dévalorisation de soi : peur de ne pas parler en public comme les autres ou peur de ne pas pouvoir soutenir une conversation. Le sujet qui anticipe de cette manière peut difficilement maîtriser ses capacités de verbalisation, d’exécution, d’agilité, de réflexion, d’association, d’observation et pour finir, de décision. La cause, c’est « l’importance » que l’on attache à ce que l’on veut représenter « pour l’autre »

 

 

Thérapie de la phobie sociale

 

La phobie sociale persiste et s’intensifie généralement à l’âge adulte. Ce n’est que tardivement, vers 40 ans, qu’elle peut s’estomper. Les principales complications évolutives du trouble sont l’abus d’alcool et la dépression. Suivant les types de manifestation anxieuses dominantes, il est possible de proposer des thérapeutiques différentes. Ainsi, les sujets qui réagissent avec une prédominance de symptômes physiques (accélération du rythme cardiaque, tremblements) sur les symptômes comportementaux (évitement, fuite) vont bénéficier davantage de techniques de relaxation (sophrologie). Ceux qui font appel à des stratégies d’évitement social pourront briser ce système de défense par des techniques thérapeutiques d’affirmation de soi.

Enfin l’approche thérapeutique par les techniques exposition associera des jeux de rôles. Le sujet apprendra à maîtriser graduellement sa phobie sociale par prescription de comportement acquis pendant les séances….

Si votre anxiété sociale est un vrai handicap au quotidien, appelez-moi pour un entretien d’orientation!

 

 

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