Comment distinguer la dépression de l’adolescent  des comportements inhérents à la  puberté ?

 

La dépression de l’adolescent

 

 

Ne passons pas à côté d’une dépression de l’adolescent ! Les dépressions chez les adolescentes sont deux fois plus fréquentes que les chez les garçons.

Un adolescent sur dix souffre d’un trouble dépressif et leur gravité est liée au risque du suicide et à leur évolution fréquente vers une dépression adulte.

 

 

 

 

 La dépression masquée chez l’adolescent

 

La réactivation des conflits infantiles sous l’effet de la poussée instinctuelle pubertaire a toujours eu tendance à être assimilée aux conflits de maturation nécessaire au développement.

Les symptômes ne sont généralement pas très évocateurs d’une dépression.

L’adolescent peut présenter un sentiment d’ennui persistant et insupportable, interrompu par des périodes de nervosité ;

Une dépendance ou un détachement exagérés à l’égard de ses parents ou des camarades ;

Eventuellement une promiscuité sexuelle ; de la fatigue, des préoccupations corporelles ou de symptômes physiques ;

Des troubles de l’appétit ou du sommeil, des difficultés scolaires, et de concentration, des symptômes anxieux, obsessionnels ou phobiques.

Plus grave, la phobie scolaire ; des tentatives de suicides, des conduite antisociales et délinquantes.

Le diagnostic de dépression chez l’adolescent doit présenter au moins cinq des symptômes suivants pendant deux semaines consécutives et presque tous les jours.

Humeur dépressive ou une irritabilité;

Perte d’intérêt ou de plaisir dans toutes ou presque toutes les activités;

Amaogrissement  ou un gain de poids, ou une diminution ou une augmentation de l’appétit;

Insomnie ou une hypersomnie;

Etat d’agitation ou un ralentissement psychomoteur;

Fatigue ou  perte d’énergie.

Sentiment d’être sans valeur ou la culpabilité excessive ou inappropriée.

Difficulté de concentration, de pensée ou l’indécision.

Penser qu’il vaudrait mieux être mort, des idées de suicide, une tentative de suicide.

 

 

 

 

La dépression de l’adolescent

 

Les causes de la dépression chez les adolescents

Elles sont multiples et s’associent fréquemment  dans les familles ou règne la discorde et  sur les agressions extérieures.

A la base, il existe  une constitution propice.

La dépression de l’adolescent renvoie à la fois à des facteurs génétiques, à des réactivations de trauma-infantiles et à la perturbation des parents déprimés.

 

Le facteur génétique et le tempérament

Il semblerait  que nous soyons programmés par notre tempérament à être plus sensibles aux agressions extérieures et que génétiquement nous ayons hérité de symptômes dépressifs de nos géniteurs.

En effet il apparaît nettement qu’un sujet ayant vécu un affect traumatisant engendrera  sur sa troisième génération  des répercussions visibles.

Ses répercussions  se traduiront par une altération chromosomique, de même que des séquelles psychiques.

Les recherches scientifiques ont démontrées qu’il y a une altération du chromosome sur un de ses génomes.

 

Le tempérament de l’adolescent

Définir un tempérament de base de l’enfant  sert à prendre conscience du mode de fonctionnement propre à l’adolescent.

L’adolescent sera beaucoup sujet à la dépression s’il a été un enfant difficile, lent à se mettre en train ou super actif.

Si c’est  à la fin de l’adolescence que la personnalité va se cristalliser, les traumas de l’enfance passés sous silence pendant la période de latence vont se réactiver.

Selon le tempérament, certains ne pouvant pas supporter les transformations pubertaires tomberont plus facilement en dépression.

 

La réactivation des trauma-infantiles

Quand l’adolescent ne se souvient pas de son vécu traumatisant ou d’une forme de conditionnement nuisible à son épanouissement, c’est le refoulement qui a agi comme protecteur de l’angoisse.

Cependant l’adolescent n’en n’est pas pour autant  indemne. Le cas que je vais présenter décrit comment le traumatisme s’exprime pendant l’adolescence.

 

La dépression de l’adolescent

J’ai eu en consultation un préadolescent de douze ans et demi qui présente selon les dires de sa mère des propos suicidaires.

Sa mère retrace le choc affectif qu’elle a vécu alors que son fils n’avait deux ans. 

Son mari entretenait une liaison adultérine quand il apprît qu’elle attendait un deuxième enfant.

Celui-ci  fou de rage l’abandonna sur le champ. L’enfant fut traumatisé devant les accès de violence de son père. 

Or plus tard les tentatives de renouer des liens affectifs sur la demande de louis n’ont pas trouvé écho auprès de son  père.

En consultation Louis ne se souvient pas d’avoir tenu des idées suicidaires et pense que sa mère exagère ses propos. Il ne comprend pas pourquoi il doit venir consulter un »psy ».

Il minimise les situations quand j’évoque avec lui l’inquiétude de sa mère concernant ses dires.

Je lui demande s’il a bien dit  à sa mère qu’il n’avait plus goût à rien, qu’il voulait  abandonner le sport et l’école et pourquoi il émit le souhait de se jeté par la fenêtre.

Louis s’en défend jusqu’à que l’on parle de son père. Il dit qu’il s’en moque complétement qu’il soit parti,  et de toute façon dit-il « je suis content qu’il soit parti, parce qu’il faisait du mal à ma mère ».

 

La dépression de l’adolescent

Ensuite il raconte que ce qu’il l’ennuie le plus, c’est quand ses camarades parlent de leur père et ce que lui ne peut pas partager avec le sien.

Tout en exprimant ses sentiments il laisse couler quelques larmes sur son visage. Je lui demande s’il se sent triste et me dit que non.

Pourtant ses larmes sont significatives mais Louis s’en défend et se met en colère. Il fait un transfert de ses ressentiments et se montre contradictoire…

Voilà comment les traumatismes de l’enfance peuvent s’exprimer à l’adolescence.

Les suites thérapeutiques ont permis à Louis de différer ses pulsions suicidaires, de se libérer de ces sentiments de culpabilités et de retrouver une bonne estime personnelle.

 

 

La dépression de l’adolescent

 

 

Les parents déprimés

 

Les adolescents dont les parents sont déprimés sont fréquemment déprimés.

Ils sont également exposés à un risque accru d’autres troubles psychiatriques, en particulier troubles anxieux et troubles des conduites.

C’est souvent caractérisé par l’inattention, le manque d’affection, la négligence, l’hostilité et le rejet.

D’autres  troubles de la personnalité des parents et l’alcoolisme peuvent avoir encore plus d’impact que la dépression elle-même.

La dépression de l’adolescent peut aider le parent à dépasser sa propre dépression, et ses désirs suicidaires pour s’occuper de l’adolescent.

En adoptant le rôle de malade, l’adolescent, donne l’occasion au parent de prendre soin de lui et de retrouver son statut de responsabilité.

Inversement la fonction protectrice des parents peut évoluer vers un renversement hiérarchique. L’adolescent peut dominer ses parents et les réduire à l’impuissance;

Par ses attitudes d’opposition et de refus, par la menace de violences, de conduites  dangereuses, de passage à l’acte suicidaire ou toxicomaniaque.

Ce renversement est facilité quand les parents utilisent l’adolescent pour exprimer leur conflit : par exemple la mère encourage la fille à désobéir au père qui attaque sa fille quand il est en colère contre la mère.

Ainsi l’adolescent est l’émissaire sur qui se décharge l’agressivité des parents. Les rôles peuvent s’inverser, et la victime peut devenir la persécuteur de ses parents.

 

 

La dépression de l’adolescent

 

 

 

Facteurs sociaux associés aux dépressions des adolescents

Sont  rapportés plus d’événements de vie négatifs survenus dans l’année précédente, en particulier dans la vie scolaire, les relations avec les camarades ou les parents.

Dans les relations amoureuses et dans le domaine de la santé et de la représentation du corps (obésité, maigreur). 

Quant aux comportements dépressifs, ils peuvent induire des attitudes d’incompréhension, de rejet et d’hostilité de l’entourage, qui confortent l’adolescent dans sa vision négative de lui-même et des autres :

Parents et  enseignants voient souvent l’adolescent déprimé comme paresseux, irresponsable, immature et insubordonné.

Leurs découragement est prégnant par l’évolution actuelle de la société dont les exigences paraissent leur opposer des obstacles insurmontables.

Fréquement les difficultés scolaires sont  alarmantes, et représentent une menace d’échec socioprofessionnel.

Celles-ci donnent  à l’adolescent l’impression que la société les refuse, suscitant des sentiments de désespoir, d’impuissance, d’infériorité, d’inexistence sociale, de résignation et de révolte.

 

 

 

 

 

Discorde conjugale et divorce

Le risque de dépression chez les adolescents n’est pas lié directement au divorce, mais aux conflits qui précèdent le divorce.

Précisément ce sont les séparations entre parents et enfants qui sont considérés comme pouvant être liés aux dépressions.

L’humeur dépressive est corrélée à la fois au manque d’intimité  avec les parents et l’isolement social.

Les adolescents des familles autoritaires ou laxistes sont plus déprimés que ceux des familles qui sont proches du modèle démocratique.

Souvent le divorce est éprouvé par la plupart des adolescents comme une perte personnelle, familiale et sociale.

Provoquant des sentiments de culpabilité car l’adolescent peut s’en rendre responsable, d’autant que les parents l’on désigné comme la cause de leurs conflits.

 

La dépression de l’adolescent

 

 

Sévices physiques et sexuels

Rapportés, les antécédents de sévices sexuels  sont largement sous-estimés.

En effet, les patients victimes de sévices sexuels et physiques signalent rarement à leur thérapeute ;

La honte, la culpabilité qui les font taire. Le thérapeute doit s’enquérir de l’éventualité de sévices sexuels, une fois que la relation de confiance s’est établie avec l’adolescent.

 

Rupture du développement

La rupture du développement à l’adolescence peut renvoyer à une perturbation du déroulement des stades œdipien et préœdipien.

Cette rupture peut être immédiate dès la puberté où retardé dans l’adolescence :

La problématique sexuelle peut y être manifeste, se révélant par une masturbation compulsive, par une promiscuité sexuelle où l’anhédonie et l’autodestruction sont habituelles.

homosexualité ou au contraire par un ascétisme réprimant et déniant tout désir sexuel.

La haine du corps peut s’exprimer par des conduites suicidaires, des automutilations ou une toxicomanie qui témoigne également d’une attitude régressive et passive d’abandon.

 

 

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