Nous pouvons tous être jaloux, mais seulement quand il y a de bonnes raisons de l’être. Et encore! Mais quand la jalousie empoisonne votre existence et celle des autres…

 

 

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L’une des déviances de l’amour les plus « dramatiques »  réside dans la jalousie et il faut bien concéder que nous en pâtissons tous à un degré ou à un autre. C’est pourquoi j’ai décidé de, traiter sur cette brûlante question. Tout d’abord il convient de distinguer la jalousie naturelle de celle nommée jalousie morbide. Nous allons nous pencher sur la jalousie inhérente au syndrome d’abandon, à une estime personnelle défaillante, à la dépendance affective

 

La jalousie naturelle

La jalousie se fait sentir lorsque l’être aimé adapte face à une autre personne (du sexe opposé) le plus souvent un comportement ambigu ou trop séducteur. L’émotion éprouvée est un naturel sentiment de légitime perte, de souffrance, d’humiliation et d’abandon. La jalousie est donc un phénomène réactionnel. Nous vivons ans une société de concurrence et de rivalités effrénées nécessitant une défense constante de nos intérêts particuliers. Il est normal que nous réagissions face à un risque (désamour, abandon, angoisse de solitude que l’autre peut faire peser sur notre vie. Mais lorsque notre méfiance n’a plus aucune mesure avec la réalité, il convient de considérer une jalousie morbide.

 

La jalousie morbide

La jalousie morbide appartient à ces états affectifs qu’en nous nous sentons inférieur. Dans le couple, un tel sentiment peut se rencontrer lorsque notre vie à deux n’a pas commencé sur des bases saines et équilibrées. Par exemple:

 

Au fond de nous-même, nous éprouvons le sentiment secret d’avoir tout fait pour attirer l’autre contre sa volonté dans cette relation amoureuse.

Nous avons « manigancé » ce couple (par sournoiserie, calcul, vénalité…)

Nous avons contraint l’autre à verser dans le mariage (en lui imposant un enfant, par exemple).

La vie de couple n’a pas été investie comme une vie évolutive constituée de deux personnalités autonomes, mais comme une possibilité de compensation de deux personnalités symbiotiques et carentielles.

Elle n’a pas été vécue comme un domaine investi progressivement au moyen de valeurs, mais comme un privilège exceptionnel.

Bref comme nous sommes entré dans notre vie de couple avec des arrières pensées pas toujours très avouables, la peur de perdre ce précieux compagnon ou cette précieuse compagne est si grande que tout mouvement de sa part est interprétée par le jalousé comme une prise de conscience de la véritable situation et, par conséquent comme un possible détachement.

 

Pour avaliser cette jalousie morbide auprès de notre conjoint, nous avons volontiers recours à des justifications paraissant légitimes. Parmi les plus répandues, l’argument selon lequel notre jalousie serait une preuve d’amour est probablement le plus présent.

 

 

Qu’est-ce donc qui nous pousse à déformer à ce point la réalité? Ce besoin provient principalement de deux types de contingences. La première, remontant à l’enfance est liée au lien affectif que nous avons entretenu avec notre mère. La seconde, plus actuelle, provient de notre méconnaissance de nous-même et d’autrui. Examinons les toutes les deux:

 

Quand l’exclu(e) devient un jaloux, ou une jalouse potentielle

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Si l’enfant a affaire à une maman aimant normalement son enfant, cet amour affectif est pur; ce n’est que plus tard, soit lorsque des petits frères ou petites sœurs interviendront dans sa vie qu’il apprendra à ses dépens que les autres sont également de potentiels « demandeurs d’amour » et donc de possibles « rivaux ». Il découvrira d’autres rivaux en la personne de son père, puis parmi toutes les personnes gravitant autour de sa famille susceptibles d’entretenir des relations affectives avec sa mère. Parallèlement, l’enfant verra perdre la relation d’amour « affectif » dont il jouissait jusqu’à présent perdre du terrain et faire place à un amour « filial »  de nature plutôt contraignante et répressive. Si l’amour est toujours prodigué avec juste équité, l’enfant n’en sera pas affecté. L’enfant plus sensible,  et très demandeur d’attention, peut mal réagir surtout quand le ou les parents montrent ostensiblement leurs préférences envers ses frères et sœurs.

 

Un sentiment de dévalorisation peut naître chez l’enfant, entraînant ainsi un manque de confiance en soi. Ce qui se traduit communément comme un manque d’estime personnelle tire son origine dans bien des cas de l’interprétation que s’est fait l’enfant de sa place au milieu de cette fratrie. Plus tard l’adulte va surinvestir le couple au détriment de son bonheur personnel.  Etroitement liée à la jalousie, le jaloux, la jalouse pourra se montrer très possessif(Ve) évitant ainsi toutes possibilités de nouvelles rencontres amicales. Il, elle préférera vivre en vase clos avec son conjoint. A la longue cette « réclusion » amoureuse tournera à l’étouffement avec son lot de conflits et des crises incessantes. Indirectement ces personnes sont de nature très susceptibles même quand il n’y a pas lieu de montrer (jaloux, jalouse) quand on fait une remarque sur leurs comportements. Elles peuvent aussi être très négatives et dénigrer les autres. Une manipulation sournoise peut s’exprimée pour garder son amoureux auprès de soi…

 

 

 

Quand la jalousie est une méconnaissance de nous-même et d’autrui

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Cette méconnaissance provient pour l’essentiel de tous nos préjugés et de tout notre a priori que nous édifions tant par rapport aux autres que par rapport à notre propre personne. Vis à vis des autres, il faut voir dans tous nos sentiments d’infériorité et culpabilité, dans toutes nos peurs des différentes autorités, dans tous nos sentiments de rejets et dans négativisme les vecteurs de notre attitude réactive et par-delà de notre jalousie morbide.

Notre attitude réactive nous conduit à développer un manque de confiance en nous-même nous contraignant systématiquement à nous appréhender dans une image  carentielle nous empêchant de prendre en compte la globalité de notre personnalité. Ces croyances, ces valeurs et les règles qu’il ou qu’elle impose sont erronées.

 

 Psychologie du jaloux

Tourné vers ce que l’autre fait ou fait pas, la personne jalouse est « excentrée » d’elle-même. Sentant en son for intérieur que sa situation repose sur une série de privilèges incohérents (la plupart du temps inacceptable), elle manque d’authenticité. Le jaloux est le spécialiste des  » raccourcis ». Il veut brûler les étapes. Trop occupé à s’inquiéter de la préservation de ses privilèges, il est incapable d’avoir un minimum « de souci de soi ». Cette carence le contraint à toujours rester aux aguets, à surdimensionné les situations vécues et à mettre son conjoint ou sa conjointe sur un piédestal.

 Psychologie du jalousé

La plupart du temps, le jalousé, loin de s’opposer fermement au jaloux tend à entériner « les scènes », même si celles-ci apparaissent totalement injustifiés. Par son comportement et son attitude d’ensemble, le jalousé ‘induit » chez le jaloux, la scène qu’il va lui faire. Ainsi au lieu de prendre toute sa place dans le couple, il aura tendance à rester en arrière, faire preuve de retenue, à ne rien entreprendre ou ne rien dire qui puisse « faire des vagues »  pour ne pas créer l’occasion il aura tendance à développer une vie secrète, faites de non-dit, de mensonges, d’abstention, de secret intimes. Son attitude ambiguë est génératrice de méfiance; il se comporte en coupable

 

Comment réagir? Le jalousé doit d’abord prendre conscience qu’il n’est pas obligé de subir la jalousie de l’autre. Il doit éviter de se justifier sur le sujet même du conflit. Il doit comprendre que même s’il ne produit pas la jalousie de l’autre, il l’induit souvent pour une large part.

 

Dans tous les cas il doit opposer une attitude ferme et conséquente et n’admettre aucune violence physique. Il doit enfin se montrer suffisamment actif dans la vie afin de faire comprendre à l’autre qu’il n’est pas seul au monde et que, s’il n’y met pas fin, il finira par se détacher de lui.

 

Cas clinique d’une jalouse

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Mademoiselle Sophie pour ne pas la nommée sous son vrai nom, vient me consulter pour des angoisses chroniques. L’analyse met en exergue un sentiment d’abandon, et une mère qui ostensiblement lui préférait son frère. Elle a eu peu d’expériences de couple sérieuses et elles ont vite tourné à l’affrontement. Dans sa précédente relation, la peur d’être abandonnée s’exprimait par une anticipation des besoins de son partenaire et d’une répression de ses propres besoins. Elle  cédait et acceptait tout de lui. Ce qui est paradoxal quand on sait qu’il faut accepter l’autre tel qu’il est. Cependant quand on ne s’affirme pas, que se passe-t-il? Sommes-nous respectés? Je croie que non parce que pour ce faire respecter, il faut se respecté soi-même, et pour se respecté soi-même, il faut s’aimer un « petit peu », vous ne croyez pas! Une mésestime personnelle vient du fait que si l’on n’a pas été justement aimé tel que l’enfant avait besoin, il en déduit inconsciemment qu’il n’était pas digne d’amour. Il va porter en lui un sentiment de culpabilité qui se traduira par un besoin de réparation. D’où l’assujettissement au partenaire amoureux dans le but s’attirer la reconnaissance de son besoin d’amour. La situation ne s’arrête pas là. Après éclatement de cette union, elle rencontre quelqu’un qui semble lui convenir et qui cède à ses exigences. Au bout d’un certain temps les aléas de l’existence font que son compagnon rentre de plus en plus tard à cause de raisons professionnelles. Elle commence à s’en inquiéter parce qu’il ne lui porte plus autant d’attention qu’auparavant. Il se sent fatigué et est beaucoup moins disponible pour elle. Qui plus est, son prétendant à un fils en bas âge qu’il doit récupérer un weekend sur deux. L’attention qu’il porte à cet enfant la rend irascible parce qu’elle n’est plus le centre de son attention. De plus les rapports amicaux qu’il entretient avec son ex-femme l’exaspèrent.

 

Tant que Sophie avait son amant pour elle toute seule tout allait bien, mais les circonstances ont eu raison de son attachement. Elle devenue de plus en plus suspicieuse à cause des impondérables de son travail, de la relation avec son fils et des rapports amicaux avec son ex. Sa jalousie était à son apogée. Elle rendait à son conjoint une vie infernale; fouillait ses poches, critiquait  son ex-compagne, rejetait son fils…

 

C’est à cette époque avec le peu de conscience de son comportement qui lui restait, qu’elle est venue me consulter pour mettre un terme définitif  à cette souffrance. Au fur et à mesure de la thérapie, elle put renouer des liens plus forts avec son conjoint. Elle a appris à s’accepter et à se donner de l’amour, à se libérer de sa colère, à donner à l’autre de l’amour sans attente exagérée et à l’accepter dans son individualité. Elle ne rejette plus  son fils et partage avec lui de vrais moments de tendresse et de complicité.

 

 

Comment guérir de la jalousie

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  • La jalousie morbide est un comportement infantile.
  • Comprenons que nous ne sommes pas propriétaire de notre compagnon ou de notre compagne.
  • Sachons que si nous persistons dans notre jalousie morbide, il arrivera forcément un moment où l’autre se détachera effectivement puis se séparera de vous.
  • Au lieu de fixer constamment notre regard sur ce que fait l’autre, regardons d’avantage ce que nous produisons nous-même. Apprenons à nous centrer sur notre propre personne.
  • Efforçons nous de rester dans l’action. Evitons dans la plus large mesure les situations réactionnelles. Ce sont elles qui donnent naissance à nos comportements névrotiques de jalousie.
  • Comprenons cependant que la jalousie nous concerne tous à un degré ou à un autre. Elle est un fléau dont nul n’est épargné. Gardons sur elle un oeil vigilant.
  • Prenons conscience de la relation de dépendance exagérée se trouvant à la base de nos « colères de jalousies« . Comprenons que cette dépendance exagérée ne peut qu’oppresser l’autre et le faire réagir par un désir de recul.
  • Développons notre personnalité, ouvrons-nous largement vers l’extérieur. Instaurons un dynamique relationnelle.
  • Ayons une vie riche d’activité.
  • Regardons et accordons de l’importance à nos actions au lieu de toujours donner la priorité à l’action de l’autre.
  • Comprenons enfin que la jalousie n’est pas une preuve d’amour. Elle est un mécanisme psychique destructeur qui peut ruiner notre vie.

 

Toutefois ces bons conseils n’excluent en rien de consulter un thérapeute quand la jalousie morbide s’est enracinée depuis trop longtemps. Dans notre enfance nous avons pu vivre et interpréter des situations comme des sentiments de rejets, nous avons pu ressentir qu’un de nos parents  préféraient notre  sœur ou notre frère. Des émotions douloureuses subsistent et dépeignent notre comportement vis à vis des autres. La thérapie cognitive et comportementale donne d’excellents résultats.

 

Si vous jaloux ou jalousé et que vous sentez concerné par cet article. Laissez un commentaire en cliquant sur l’onglet: commentaire, commenter l’article et cliquer sur commenter l’article. Je manquerai de vous répondre pour vous aider à sortir de cette situation.

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