Pourquoi dois-je continuer à espérer alors qu’il n’y a plus d’espoir?

 

 

 

On dit que l’espoir fait vivre, mais quand il n’y a plus de raison d’espérer, à quoi bon se battre? La notion d’espoir est plus ambiguë qu’elle ne paraît, et nous allons voir que même dans les situations les plus inextricables, l’espoir subsiste….

 

 

Trouvez l’espoir

 

 

Comment redonner sens à sa vie quand tout paraît sans espoir ? IL nous semble difficile de continuer à espérer une amélioration dans une situation donnée, quand tout ce que nous avons tenté ne débouche sur aucune solution tangible. Tout est question d’orientation. Quand faut-il garder de  l’espoir, et quand faut-il abandonner tout espoir ? Abandonner tout espoir n’est pas une fatalité, ou nous sommes résigner à souffrir sans que nous puissions agir. C’est changer notre mode de perception quand tout ce que nous espérons ne trouve que « obstacle insurmontable ». Permettez-moi de vous donner cet exemple : « Supposons que votre maladie est incurable et que vous perdez tout  espoir de guérir un jour ! Que vous reste-il comme  espoir ? » Aussi défaitiste que cela puisse apparaître il vous reste l’espoir de mieux accepter votre maladie, non pas comme une fatalité, mais comme l’expérience spirituelle de la maladie ! Mais qu’est-ce que cela veut dire ?

 

 

 

 

       Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !

 

Nous portons tous vers des buts et ce qui nous pousse à les réaliser c’est l’espoir de les voir se concrétiser. Donc tant qu’il y a de la vie il y de l’espoir.  L’espoir d’une vie meilleure qui nous apportera plus de bonheur, et que nos problèmes vont être résolus. Si l’espoir est une force qui pousse vers l’objectif, ce n’est pas tant l’espoir qu’il faut remettre en cause, c’est l’objectif. Espérez quelque chose qui ne se trouve pas dans nos besoins fondamentaux, qui ne répondent pas à dispositions intellectuelles et spirituelles, c’est entretenir un espoir vain.

Mais comment savoir que nous entretenons de faux espoirs, sources de frustrations ? Vous êtes-vous demandé pourquoi vous restés toujours dans l’insatisfaction, malgré l’atteinte de vos objectifs ou pourquoi vous vous heurté à des difficultés insurmontables alors que vous faites tout pour atteindre votre but ? Tout d’abord parce que vous considérez l’atteinte de votre but comme une fin en soi, alors qu’il n’y a jamais de fin. Dès que vous arrivez à votre but, la vie se charge de vous déposer une nouvelle épreuve.  Après avoir surmonté toutes les épreuves antérieures, vous espérez plus de quiétude, et souvent vous avez une période de répit, mais vient le temps, ou le moment où les épreuves renaissent de leur cendre. D’autres apparaissent et vous les considérées comme des injustices, et de nouveau l’espoir renaît lui aussi de surmonter celle-ci, en espérant que cette fois-ci ce sera la dernière, mais c’est une quête sans fin…

 

 

 

Inconscient et espoir

 

Presque que tout le monde fonctionne sur le mode « inconscient ». L’inconscient s’exprime dans  notre dimension spirituelle (l’esprit où l’âme), le mental (l’ego), le corps… Les paroles, émotions, projets, désirs, fantasmes, choix de vie, tous pour la plupart sont des projections fantasmatiques pour un éventuel bonheur. L’espoir est l’énergie vitale, créatrice de l’univers qui nous pousse toujours à réaliser, et à nous réaliser. L’espoir est derrière cette tension qui nous pousse encore, et encore éternellement vers quelque chose, et si on ne peut contrer cette force,  nous pouvons aller avec cette force, et pour cela il faut cesser d’avancer dans l’inconscience et revenir à une pleine conscience. Avant de poursuivre mon raisonnement, quand je pose la question aux patients : « qu’est-ce que vous voulez dans la vie ? » ils se figent et avouent ne pas y avoir pensé. Ils ont de vagues clichés collectifs en tête, comme ceux d’être heureux, de posséder une maison, de trouver l’amour etc, mais peu savent vraiment ce qu’il leur faut. Ils interagissent avec les modèles qu’on leur donne à imiter, et à comment penser. Tous espèrent vainement quand obtenant ce dont ils désirent, ils trouveront enfin le bonheur.

La confusion s’installe quand l’objectif atteint, le bonheur n’est pas au rendez-vous. Nous nous sommes leurrés et le désespoir nous guette. Nous  avons pourtant cru que c’était la solution à nos tous problèmes, mais encore une fois, c’est parce que le but ne correspondait pas à nos besoins. Mais comment savoir ce qui correspond à mes besoins me diriez-vous ? Et bien au risque de vous décevoir il n’y a pas de recette miracle, il y surtout un constant travail d’introspection afin de différencier un désir réalisé qui apporte un contentement à court terme, et un état d’esprit qui procure un bonheur à long terme.

L’état d’esprit menant à la plénitude est un autre état de perception. Nous sortons de l’inconscience pour nous ouvrir à une nouvelle dimension qui remet en question les systèmes de valeurs, et les croyances. Vous comprenez que vous n’avez plus à lutter contre ce qui est, mais vous savez aussi qu’il ne faut pas se résigner. Vous acceptez ce qui « est »  parce que vous comprenez qu’il y a quelque chose que vous devez apprendre. Vous savez que les raisons aussi difficiles soient-elles sont nécessaires, même si vous en comprenez pas la signification. Vous acceptez l’épreuve comme un moyen d’incarner la déité en vous.

L’espoir n’est plus d’atteindre un but, vous devenez le but d’être celui qui est !  La mission qui l’a choisis pour en faire l’expérience…

 

 

 

Les faux espoirs

 

Comment savoir que nous entretenons de faux espoirs reprends les préceptes ci-dessus. Mais faut-il encore se poser la question sur ce que les faux espoirs procurent. Les faux espoirs, c’est espérer dans une mauvaise direction. Toute la société vous nourrit de faux espoirs. Les médias et plus particulièrement, les réseaux sociaux entretiennent de faux espoirs. Comme tout le monde ou presque, nous ne pouvons faire abstraction des influences. L’adage « l’espoir fait vivre » le confirme ! Par exemple quel espoir on vise quand on  poste une photo de soi sur facebook, ou que l’on répond à un avis sur un fait de société, un test de personnalité, ou tout autre moyen de nous faire réagir pour alimenter l’audience. Posons-nous la question : « pourquoi je fais cela ? » Ai-je besoin de toutes ces appréciations pour nourrir mon estime personnelle ? Mais en fait qu’est-ce que l’on cherche à compenser ? La société vous détourne de vos vrais besoins et c’est une manne pour les protagonistes qui  ont créés de faux besoins. On passe en boucle des événements à venir, et bien qu’au départ vous n’y prêter aucune intention, vous finissez par croire qu’il ne faut pas rater cet événement. Vous allez déployer des moyens pour être là où il faut, et être, alors qu’il y a quelque temps, vous n’auriez même pas songé à participer à tel événement. Après vous restez frustré car cet événement n’a rien comblé. Donc vous allez en recherchez d’autres et encore de plus en plus intenses…

Si les réseaux sociaux ont  leur utilité pour découvrir de nouveaux talents, et qu’ils permettent de fédérer autour d’une cause salvatrice, il n’en reste pas moins que la plupart du temps ce sont des inepties qui sont affichée, et le monde y adhère en croyant faire avancer la science. Vous vous donner de l’importance mais vous êtes donc otage du système qui vous manipule, et le pire c’est que vous dite amen.  Le monde se plaint du système, mais il l’entretient. Pas étonnant qu’on nous traite comme la « basse couche sociale, le petit peuple » Pourquoi voudriez-vous que l’on prenne en considération vos besoins si vous tendez «  l’autre joue. »

Certain à défaut de prendre en charge leur responsabilité individuelle  les confie à d’autres.  Ils éliminent leurs frustrations en critiquant, et ils  finissent même par s’insulter par messages interposés. Ils  cultivent une image de leur « ego » déformés. Qu’espèrent-ils ? Je vous laisse réfléchir…

 

 

Le désespoir

 

 

Quand il n’y a plus rien à espérer, à quoi bon continuer ? Le désespoir même souvent à la dépression, l’addiction, l’abandon et au suicide. Pourquoi n’y a-t-il plus aucune raison d’espérer ? Aussi antinomique qu’il soit, le suicide est l’espoir de mettre un terme aux souffrances. Il y a deux mois maintenant que ma nièce s’est suicidée par désespoir,  parce que justement son mari s’est suicidé quelques mois auparavant. Un ami, lui s’est pendu à l’annonce de son cancer. Que devons-nous comprendre devant cette désespérance ? Le désespéré ne peut entrevoir la notion d’espoir qu’’il lui est étrangère du fait que la souffrance inhibe toute possibilité d’envisager un quelconque espoir. Il n’y plus aucune raison d’être, quand nous croyons que la perte d’un être cher, d’une humiliation, d’une honte ne peut être réparée…

J’entends dire qu’il faut être combatif, mais pourquoi combattre alors que nous savons que tout est perdu d’avance ? Surtout quand c’est une  maladie incurable qui entrainera de longues souffrances… Plusieurs options possibles. Nous pouvons supposer que celui qui choisit de combattre est déjà un tempérament qui s’est toujours battu. S’il n’a jamais baissé les bras, cela ne veut pas dire pour autant que c’est une règle indéfectible. Nous observons que le battant peut  abdiquer s’il n’y a pas d’issue. Par contre, l’opposé du battant qui ne sait jamais battu contre l’inéluctable, peut, par ces croyances se battre, car il pense que ce qui lui donné comme épreuve, est une expérience spirituelle à vivre pour son salut…

Nous ne pouvons condamner quelqu’un qui sombre dans le désespoir. Dans l’un de mes précédent article, je relate un passage de conversation avec le Dieu de Neal Donald Walch qui décrit que si une âme choisit de vivre telle expérience et qu’elle lui paraît insurmontable, mettre fin à ses jours n’est pas condamnable. Il n’y aurait pas de Dieu pour nous punir de ne pas avoir été jusqu’au bout de notre vie. Pour les bouddhistes, attentez à ses jours engendrerait une dette qui alourdirait notre Karma et que nous devrions payer de douleurs lors de notre prochaine incarnation.

Sombrer dans le désespoir, c’est quand tout ce qui donnait du sens à notre vie n’est plus. Pourquoi continuer, alors que tous les feux sont « au rouge » ? L’instinct de survie peut-être, ou l’espoir que Dieu nous viendra en aide, et nous guider vers la solution…

 

 

 

 

Mettre son espoir en Dieu

 

Qu’est-ce qui différencie celui qui croit en Dieu, et celui qui ne croit qu’en lui-même ? L’individu qui pense que si c’est la volonté de Dieu de lui faire vivre telle ou telle expérience,  acceptera bon gré, mal gré, les situations aversives pensant que c’est l’œuvre du Divin de nous éprouver. Sans remettre totalement à la volonté de Dieu, peut nous enlever toute responsabilité individuelle d’une remise en question en profondeur. S’il y a une part du divin, donc d’une destinée, il n’en reste pas moins que nous disposons d’un libre arbitre, et qu’il n’y a pas d’intervention divine sur les choix qui engendrent  les souffrances. Accusez le sort, les circonstances extérieures sans penser que nous sommes l’auteur ce qui arrive, nous fait perdre tout espoir de changer. Maintenant la difficulté  réside  sur la distinction de ce qui est de notre fait et du hasard…

D’aucun disent que le hasard n’existe pas, et je suis d’accord sur le fond. Chaque situation aussi hasardeuse qu’elle soit nous renvoie à nous-même, et à notre vision du monde. Que la situation soit hasardeuse ou non, ce sera la perception que nous en avons qui déterminera notre degré de bonheur. Les préceptes bouddhistes enseignent que c’est l’ignorance la grande cause de souffrance. La souffrance « cause de désespoir » « et désespoir cause de souffrance » interagissent. Tant que nous ignorons la cause de souffrance, et comment la transcendée, et l’acceptée nous en sommes dépendants…

Distinguer de ce qui est de notre fait, est la souffrance que nous ressentons devant les comportements d’autrui. Pour retrouver l’espoir, il faudra réapprendre à penser, rectifier nos croyances infondées et invalidantes et libérer les émotions enkystées responsables de nos souffrances…

 

 

 

Retrouver l’espoir avec la thérapie cognitivo-émotionnelle

 

 

Le désespoir nous guette si nous ne trouvons pas de solutions aux causes de la souffrance, et pourtant la recherche incessante de solutions est l’espoir. Pour retrouver l’espoir il faut s’affranchir des concepts selon lesquels  notre bonheur dépend des autres, de la chance, ou toute autre condition extérieure…Ce précepte évoque bien mon point de vue : « C’est dans le chaos, sans espoir, que je dois découvrir la paix. »

L’espoir sous-tend des attentes communes à chacun d’entre nous. Ici ce n’est pas l’espoir qu’il faut reconsidérer, ce sont  les attentes qui font défaut. Nous cherchons à combler un vide intérieur en nous rendant dépendant de reconnaissance, d’approbation ou de gratification extérieure. Reconnaître et observer nos schémas de pensées induisant des actes incompatibles pour notre équilibre sont les principes de la thérapie cognitive. La pleine conscience, la transparence, la relativisation, les alternatives, l’élaboration d’un nouveau système de pensée incluant les croyances et les valeurs remisent en question permettront de repenser l’espoir.

C’est  aussi tout une gamme d’émotion négative profondément enracinée induite par divers traumatismes, qui sont la résultante de comportements inappropriés. Ils sont pour la plupart inconscient et représentent vos mécanismes de protection. La levée de ces émotions est salutaire pour retrouver de l’espoir. La thérapie émotionnelle est une technique incluant l’hypnose et le psychodrame permettant de reconfigurer les affects pour renouer avec l’espoir.

 

Retrouver l’espoir avec la spiritualité, c’est comprendre que tout ce qui arrive à sa raison d’être. Rien n’est le fruit du hasard. Vous avez une mission à accomplir et des expériences à vivre. L’acceptation de « ce qui est « redonne l’espoir aux plus désespérés.

 

Vous avez des yeux mais  vous ne percevez pas les signes

Vous avez des oreilles, mais vous n’entendez pas votre intuition

Vous sentez les odeurs, mais vous ne ressentez pas les sentiments

Vous avez des sensations, mais vous n’écoutez pas votre corps

Vous regardez et vous ne voyez pas

Vous entendez et vous ne comprenez pas

Vous respirez et vous n’êtes pas là

Vous agissez et en vous ne pensez pas

 

 

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