La honte est une émotion négative qui nous tétanise autant qu’elle nous limite! Mais avoir honte n’est pas honteux. Qui n’a jamais eu honte une fois dans sa vie?

 

 

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Si je décide d’écrire cet article sur la honte, c’est parce que je peux passer de nombreuses séances en thérapie avant que les patients évoquent des sujets de honte qui sont parfois au cœur des difficultés. En revanche quand j’ai eu la possibilité de poser la question directement, les patients arrivent à se confier le plus souvent. Beaucoup reconnaissent  ne pas parler de leur honte le jour ou l’événement s’est produit, sauf à quelques proches du même statut, et encore tout dépend de l’importance du problème et  presque jamais à la personne concernée. Alors qu’au contraire parler de sa honte peut amener à s’en libérer!

Qu’est- ce que la honte?

 

 

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 La honte est une émotion complexe. Elle se distingue des autres émotions par sa dimension sociale, secrète, narcissique, corporelle et spirituelle. La honte a des aspects positifs et négatifs. Elle est parfois définie comme la version sociale de culpabilité, et joue un rôle dans la phobie sociale.

 

Il s’agit d’une émotion plus archaïque que la culpabilité au sens où elle est souvent moins verbale et plus sensorielle que cette dernière. Elle se manifeste émotionnellement (gêne, malaise, peur… ou exubérance, agressivité…), corporellement (yeux baissés, tête basse, rougissement… ou tête haute…), cognitivement (discours interne dévalorisant ou agressif…) et comporte mentalement (inhibition, paralysie ou ambition, exhibitionnisme…).

 

 Les excès de honte proviennent des humiliations, du mépris, des moqueries, de l’illégitimité, des secrets, de la régression sociale, de la rivalité, du mensonge… ou des messages d’orgueil, d’ambition, de désir… que l’individu reçoit des autres (les expressions « faire honte », « porter la honte » montrent que la honte est externe au sujet au départ).

 

La honte a des aspects négatifs quand elle est excessive chez un individu. Elle est alors source de souffrance individuelle… Elle amène à des conduites d’évitement, une phobie sociale, une anxiété liée à un sentiment d’insécurité et d’appartenance, de l’inhibition… Un isolement social peut alors s’ensuivre.

 

La honte est souvent associée à d’autres troubles: l’alcoolisme, les addictions, la dépression, la phobie sociale… Un sentiment de honte persistant peut conduire à la dépression voire au suicide. En effet, une honte excessive engendre une perte importante d’énergie et un fort sentiment de désespoir. Dans un tel cas, sortir du retrait social et demander l’aide d’un professionnel de la santé est vital.

 

 

Qu’est-ce qui fait honte?

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Vous connaissez l’expression  » avoir été pris(e) la main dans le sac »? Lorsque nous transgressons certaines règles sociales ou familiales et que nous sommes  pris en défaut, nous éprouvons divers sentiments selon l’importance que nous attribuons à la situation. Nous possédons tous un code moral définit par Freud comme (le surmoi), mais malheureusement nous enfreignons parfois nos propres règles uniquement dans le but de se venger ou de  prouver  aux autres nos valeurs. Ex: Marc de confession catholique est en classe primaire. Ces camarades de classe   l’incitent à voler de l’argent dans le porte-monnaie de ses parents pour prouver qu’il peut appartenir au groupe. Celui-ci se résigne devant les invectives de ses camarades pour ne pas avoir à subir ensuite leurs moqueries et le rejet. Il s’exécute mais se retrouve devant le fait accompli en se faisant surprendre par son père qu’il le réprimande et le punis. Marc se sentira honteux à deux reprises. Honteux devant son père qu’il l’a élevé selon des normes de respect, et honteux devant ses camarades de ne pas avoir  relevé le défis.

 

 

La honte de ne pas être à la hauteur

 

Les exigences envers nous-même, le besoin de se comparer avec les autres, les performances,  et les croyances auxquelles on ne dérogera jamais sont le terreau de la honte si nous ne réussissons pas exceller selon nos valeurs. Prenons le cas de Jean-Pierre, informaticien dans une grande compagnie.

 

 J’avais reçu Jean-Pierre en consultation parce qu’il souffrait d’anxiété chronique. Il avait toujours peur de ne pas être à la hauteur des nouveaux projets qu’on lui assignait. Il anticipait négativement toutes les situations nouvelles, ce qui l’empêchait de dormir. Il lui arrivait aussi de vomir la veille d’une réunion. C’était une personne qui ne maîtrisait pas du tout ses émotions, d’ailleurs ils les avaient toujours réprimées. Les repas de famille ou autres invitations l’angoissait  terriblement. Il me disait ne jamais savoir comment il fallait se comporter et ressentait  des nœuds à l’estomac. Sa vie de couple était aussi  toute problématique que sa vie professionnelle. Il ne partageait rien avec son épouse mais faisait mine que tout allait bien. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus de rapports sexuels. Après investigations sur les origines de ses troubles et les moyens comportementaux proposés pour qu’il puisse gérer les situations aversives, nous nous heurtions devant une résistance. Il n’appliquait pas les recommandations que je lui faisais parce qu’il pensait, disait-il que çà ne pouvait pas marcher!  Passons les étapes subséquentes et venons-en au fait. Jean-Pierre était revenu me revoir, après s’être rendu chez une psychanalyste que son médecin traitant lui avait conseillé parce qu’il trouvait que sa situation n’évoluait pas beaucoup! Et de fait selon les circonstances qui étaient les siennes « s’il n’agissait pas, il ne risquait pas d’évoluer » Et nous savons que si une prise de conscience est nécessaire pour comprendre son  mode de fonctionnement erroné. La pensée ne peut pas se substituer à l’action. Après que nous ayons repris nos séances et par un questionnement approfondi, il m’avoua qu’il avait honte s’il ne réussissait pas. D’où venait sa honte, et pourquoi avoir honte si nous ne réussissons pas?

Les origines de la honte

 

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La honte originelle de Jean-Pierre est la croyance selon laquelle il est interdit de décevoir les autres et aussi de se décevoir. Il se refusait de se montrer vulnérable et de surcroît cela entraînait des obligations telles que « je dois et il faut » sinon je ne vaux rien. Donc en plus de se juger sur ce qu’il faisait, il réprimait tout potentiel créatif et affectif.

 

Nous ressentons de la honte quand nous nous n’acceptons pas tel que nous sommes: Dans le cas de Jean-Pierre, il se sentait reconnu uniquement quand il réalisait quelque chose. CE conditionnement a été introduit dans son for-intérieur par ses tuteurs (parents et autres éducateurs) qui manifestaient leurs contentements uniquement s’il se montrait à la hauteur de la tâche. (Réussir à tout prix, être le premier de la classe, le plus grand sportif etc.  Nous avons que dans certaines familles nous devons reproduire les réussites de la « lignée », qu’il n’est pas convenable d’exprimer ses émotions, que nous devons faire honneur à la famille etc.

 

 

 

La guérison de sa honte

 

Jean-Pierre a appris à vivre pour lui-même et à s’accepter comme il était. Il s’est autorisé à exprimer ses faiblesses (ce qui fait de  lui quelqu’un de courageux d’oser se montrer vulnérable). Il s’est libérer des devoirs familiaux et paradoxalement à commencer à exceller autant dans ses affaires professionnelles qu’affectives. Si parfois la honte est passagère. Pour Jean-Pierre elle était très invalidante, il s’était tout simplement empêcher de vivre. Aujourd’hui il est heureux et je me réjouis d’avoir pu lui donner les moyens de s’épanouir.

 

La Cela peut paraître insensé d’avoir honte de posséder plus que les autres. Mais ceux qui vivent avec ce sentiment  en arrivent à se sentir coupable, à se dévaloriser au point même d’en ressentir un complexe d’infériorité. Oui, vous avez bien lu! Il y a des gens à qui tout réussi, sans faire le moindre effort parce qu’ils ont à la base des prédispositions intellectuelles supérieures à la normales, ou bien qu’ils sont né « avec une cuillère ne argent dans la bouche ». D’autres vont réussir subitement et n’oserons pas s’afficher  leurs réussites de peur d’être mal jugés par leur famille ou amis.

 

Ces personnes sont aussi malheureuses parce qu’elles dépendant du regard d’autrui. Voyons-nous une analogie avec le cas de Jean-Pierre? Bien sûr et pourquoi en arrivent-ils à laisser envahir par ce sentiment de honte?

 

 

 

La honte de posséder plus que les autres

 

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Cela peut paraître insensé d’avoir honte de posséder plus que les autres. Mais ceux qui vivent avec ce sentiment  en arrivent à se sentir coupable, à se dévaloriser au point même d’en ressentir un complexe d’infériorité. Oui, vous avez bien lu! Il y a des gens à qui tout réussi, sans faire le moindre effort parce qu’ils ont à la base des prédispositions intellectuelles supérieures à la normales, ou bien qu’ils sont né « avec une cuillère ne argent dans la bouche ». D’autres vont réussir subitement et n’oserons pas s’afficher  leurs réussites de peur d’être mal jugés par leur famille ou amis.

 

Ces personnes sont aussi malheureuses parce qu’elles dépendant du regard d’autrui. Voyons-nous une analogie avec le cas de Jean-Pierre? Bien sûr et pourquoi en arrivent-ils à laisser envahir par ce sentiment de honte?

 

 

 

la honte d’être différent physiquement

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La honte d’être différent physiquement est une honte lourde à porter. La société rejette les différences trop marquées et il faut beaucoup d’estime personnelle pour ne pas trop en souffrir. Plus nous avons honte de ce que nous sommes, plus nous attirons le regard sur nous. Certains ont le choix de faire des changements, d’autres n’en n’ont pas. Ils sont nés avec des malformations et doivent « faire avec » et les alternatives  sont minces. Mais nous pouvons toujours nous servir de notre handicap comme un moyen d’expansion. Le handicap ou la maladie ne sont pas des fins en soi. Nous connaissons tous autour de nous des personnes qui ont transcendé leur handicap par des actions salvatrices (comédie association, sport de haut niveau etc.)

 

Maintenant ce qui fait la différence, c’est le choix. Pourquoi certains feront le choix de réagir et d’autres de fléchir?

 

 

 La honte des victimes

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Pourquoi, parmi les souffrances psychologiques causées par un viol ou une agression, la honte est-elle souvent présente? Il est clair qu’en plus du viol, il y a tout le reste, la peur de ressortir, les insomnies, les cauchemars, la terreur d’avoir été contaminée par le sida, il y a la honte. On pourrait comprendre que la honte peut tourmenter les femmes qui ont été violées parce qu’elles ont manqué de discernement (qui ont fait du stop seule, ou qui ont volontairement amené chez elle trop rapidement un homme peu recommandable…) mais il existe une norme selon laquelle, l’autonomie et le contrôle de nos conduites dont parti de notre dignité. Dans ce cas se retrouver en position de victime impuissante, terrifiée est source de honte, même en l’absence de faute préalable.

 

La honte jouerait un rôle important dans les séquelles psychologiques observées chez les enfants et adolescent victimes de violence ou abusés sexuellement. Ils éprouvent fréquemment de la honte une fois adulte, avec une tendance à s’attribuer la responsabilité de leurs échecs ultérieurs.

 

 

 

 

Comment gérer sa honte

 

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La honte peut de venir paralysante et d’autant plus tenace qu’on ne a confié à personne. Elle a une tendance à s’auto-entretenir: repenser à ce qui fait honte redonne encore plus de honte.

 

Confier sa honte peut avoir plusieurs aspects bénéfiques:

 

Formuler sa honte c’est déjà la maîtriser, créer des phrases avec lesquelles vous pourrez prendre de la distance.

Décrire sa honte sous le regard bienveillant d’un thérapeute vous fera réaliser que contrairement à ce que vous ressentez, ce  n’est pas ridicule ou méprisable.

Parler de votre honte reste valable même si vous avez commencé votre thérapie: les patients ont tendance à éviter d’aborder leurs sujets de honte avec leur thérapeute, alors qu’il pourrait être l’objet d’un travail fructueux.

 

Réfléchissez à vos croyances négatives.

Vous pouvez examiner ces trois croyances source de honte à l’aide de ces trois questions:

 

Les normes du groupe sont-elles aussi exigeantes que celles que j’imagine?

Est-ce que j’échoue vraiment à les atteindre?

Est-il si important d’appartenir à ce groupe?

 

Revenez sur le « lieux du crime »

Souvenez-vous que la honte nous pousse à fuir les personnes devant lesquelles on s’est senti honteux. (« Ça me gêne de revoir cette jeune femme, alors que j’ai rougi et bafouillé devant elle ») ou les situations devant lesquelles on a eu l’impression de ne pas être à la hauteur (« je ne veux plus parler en public, j’ai eu l’air ridicule »). Tous ces évitements vont chroniciser votre émotion de honte: celle-ci ne s’éteindra durablement que si vous retournez sur les lieux du « crime supposé ».

 

Enfin évitez les humiliateurs en série: Sachez les reconnaître même  sous leur masque d’amuseurs, et ne les laissez pas vous blesser. Selon vos capacités et le contexte, vous pouvez soit riposter en leur faisant sentir que l’escalade n’est pas à leur avantage, soit vous affirme en leur exprimant que vous n’appréciez pas leur remarques.

 

Enfin si votre honte est devenue tellement invalidante que vous n’osez plus sortir la tête du trou!  Laissez votre commentaire pour exprimer ce qui fait honte. Ou tout simplement pour aider les lecteurs qui pensent les mêmes choses que vous et qui ont besoin de voir qu’ils ne sont pas seuls à ressentir de la honte. Cet acte d’écrire vous sera libérateur.

 

 

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