Comment transformer notre souffrance pour qu’elle devienne une expérience transcendantale?

 

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Inutile de vouloir échapper à la souffrance, elle est en germe dans nos cellules et nécessaire à l’accomplissement de notre soi! Vous avez appris à lutter contre la souffrance et pourtant ce qui va suivre vous montrera que plus vous luttez, plus souffrez, mais alors que faire quand on a mal dans tout son être?

 

 

Il faut être maso pour rechercher la souffrance, et pourtant nombre d’entre nous ne la recherche pas, mais la cultive une fois qu’ils l’ont trouvé.  Rechercher la souffrance grâce la sagesse de la non-discrimination est tout autre. Il nous est demandé de percevoir que le mal-être, et le bien-être existent l’un dans l’autre. Nous cherchons à fuir le mal être dans la direction du bien-être ; or c’est précisément là où se trouve le mal-être ou nous pourrons rentrer en contact avec le bien être. En fuyant notre souffrance, nous nous donnerons peu de chances de trouver le bonheur. Tout bonheur porte un goût de souffrance.  Mais attention, Je ne parle pas de la souffrance avérée comme une rage de dent, un deuil, une perte d’emploi etc.  Je parle de la souffrance tapie dans l’ombre qui se manifeste dans nos plus indicibles comportements, mentalisations et verbalisations inconscientes. Cette souffrance porte en son germe la peur de l’abandon, la peur de la mort, le peur de vieillir, le peur de la maladie, la souffrance transgénarationnelle léguée par nos ancêtres, la souffrance de l’enfant intérieur, la culpabilité de vivre, et même la culpabilité d’être plus nanti que d’autres…

 

 

Reconnaître la souffrance

 

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Habituellement nous nous évertuons à fuir la souffrance dans la recherche de plaisirs immédiats ou futiles, et comme ce sont des plaisirs à court terme, nous en redemandons pour finalement en devenir dépendant. Cette dépendance est communément nommée un mécanisme de compensation dans le jargon psychologique, mais ce qui nous intéresse est avant tout, c’est notre résistance à prendre conscience de notre souffrance. S’il n’est pas aisé de prendre conscience de sa résistance pour un patient qui vient consulté de son plein gré un psy, alors croyez-moi, il l’est encore face à lui-même dans ce travail d’introspection. Je vais m’appuyer sur Thicht Nhat Hanh qui enseigne le bouddhisme dans le village des pruniers dans le sud de la France et je vais corroborer ou infirmer sa vision de la souffrance avec la mienne, car dans son livre sur guérir l’enfant intérieur, il nous invite à prendre conscience de la souffrance avec la pratique de la pleine conscience. Donc pratiquer la pleine conscience pour reconnaître sa souffrance, c’est ce travail d’introspection difficile que je voudrais partager avec vous. Il diffère dans le moyens mis en œuvre pour guérir de nos blessures avec un enseignement bouddhiste basé sur la pleine conscience et une collaboration patient-psy pour transcender nos afflictions, mais aussi dans la pleine conscience.

Thicht Nhat Hanh Nous propose de prendre soin de notre souffrance en invitant délibérément à monter dans notre conscience mentale la tristesse, le désespoir, les regrets et de simplement nous asseoir avec eux pour bavarder comme de vieux amis. Il nous préconise tout de même d’avoir une conscience mentale suffisamment forte et stable pour discuter avec nos afflictions. Il continue en mentionnant cet exemple : « Supposons que nous pratiquions la méditation marchée pour entrer en contact avec les merveilles de la vie. Tout à coup, au cours de la marche, un souvenir de notre enfance remonte à notre esprit, et le sentiment de peur et de désespoir refont surface. Nous ne sommes plus au paradis, nous sommes en enfer, aux prises avec notre souffrance. Dans une telle situation, la première démarche à faire est de reconnaître : « La souffrance est en moi. »

J’inspire, je sais que les sentiments de souffrance, de désespoir, de tristesse, de peur sont en moi ;

J’expire, j’ouvre les bras tendrement à cette sensation de souffrance.

 

 

Le courrier symbolique

 

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Si j’adhère pleinement à la méditation en pleine conscience pour nous permettre d’accueillir et de nous libérer de la souffrance, je ne suis pas entièrement d’accord sur cette vision un peu simpliste car mon expérience de thérapeute me démontre chaque jour que la souffrance ne peut se limiter à ces exercices qu’il nous recommande de pratiquer régulièrement, surtout en ce qui concerne la guérison de l’enfant intérieur. Dans le traité de paix pour guérir l’enfant intérieur que vous retrouverez dans son livre « prendre soin de l’enfant intérieur » il préconise d’écrire des lettres aux personnes pour lesquelles nous éprouvons de la colère. Il nous suggère d’écrire une lettre par exemple pour mentionner toutes les qualités positives qu’on nos parents. Il évoque un jeune homme qui ressentait beaucoup de colère contre sa mère. Cet homme était persuadé que pour lui ce serait impossible parce qu’il n’y voyait aucune qualité. Il pratiqua le regard profond et prit conscience des nombreuses qualités. Son sentiment de colère contre elle était dû qu’à une seule chose qui avait masqué tout le reste. Mais quand est-il, quand nous ne sommes pas en colère pour une seule chose, mais pour des sévices physiques, sexuels et émotionnels que l’enfant a enduré toute son existence et cela jusqu’à son adolescence et qui ne ressent que haine et dégoût pour son parent ? Pour revenir à la lettre, je préconise moi-même à mes patients d’écrire un courrier symbolique qui est une phase préalable à l’expression de la souffrance, mais elle diffère de sa proposition qui consiste à faire parvenir le courrier à la personne concernée. Voici les risques de recevoir un courrier de la personne que l’on a soi-disant blessée, et c’est un moindre mot. Tout d’abord la personne peut tout simplement nier ou minimiser les faits, elle peut aussi se mettre en colère contre ce qu’elle trouve injuste, et vous faire porter la responsabilité de vos actes en justifiant que votre comportement était détestable. Elle se trouvera des circonstances atténuantes, ou inversera les rôles en se plaçant comme victime. Au bout du compte votre colère ne trouvera aucun écho et vous en repartirez avec plus d’amertume.

Si vouloir exprimer sa colère est un droit et une nécessité, parce que l’émotion refoulée et réprimée nous amène à souffrir perpétuellement, elle ne doit pas se faire directement avec la personne concernée. Le faire verbalement ou par l’entremisse d’un courrier suppose que l’on attend que l’autre reconnaisse notre souffrance et cela risque de nous décevoir. Alors qu’une simple lecture du courrier symbolique en faisant comme si la personne était présente devant nous, nous permet de nous décharger de cette émotion négative sans prendre le risque d’un retour dévastateur. Alors que même si cela se passe comme je viens de le présenter, J’ajouterai à cela qu’il n’est pas simple d’écrire un courrier car pendant l’écriture, le patient peut se mettre en retrait pour minimiser ses émotions qui ont une résonance avec une angoisse profonde. Donc l’accompagnement avec un thérapeute averti, permet de mettre en exergue le ou les mécanismes de défenses en œuvre tels que : l‘intellectualisation, la relativisation et la culpabilité, le refoulement, le déni etc… empêchant la libre expression de sa souffrance.

 

 

Guérir l’enfant de la culpabilité

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Donc ce n’est pas aussi simple de rentrer en contact avec la partie de soi qui souffre, surtout quand elle est étroitement liée à notre enfant intérieur. En témoigne les observations que j’ai pu faire tout au long de ma pratique de psychothérapeute. Je vais prendre un premier cas en commençant par Alexandra et en résumant l’analyse de ses afflictions. Voici la corrélation avec son comportement pathologique qui l’empêche de nouer des relations affectives saines et durables. Une mère dévalorisante, incapable de donner de l’amour et de combler les besoins de sa fille ; un père absent et très autoritaire sont la résultante des mécanismes de protection suivants : Colère réprimée contre la mère qui se traduit par des colères exacerbées quand on ne répond pas à ses attentes ; Incapacité à exprimer ses sentiments ; méfiance exagérée quad on lui témoigne de l’intérêt ou de l’affection. Repli sur soi en légitimant qu’elle préfère restée seule, et en se trouvant toutes bonnes raisons de ne pas concrétiser une relation prétextant que l’autre est incompatible avec ses soi-disant valeurs… Séances après séances Alexandra se sentait de mieux en mieux, elle apprenait à contrôler ses accès de colère (pour les avoir exprimés en séance de façon symbolique), elle prit la décision de mettre à un terme à une relation toxique (bien qu’ils ne vivaient pas ensemble), mais aussi parce que l’on attire inexorablement des personnes qui reflètent nos modèles affectifs, en l’occurrence pour Alexandra,  (sa mère). Par contre, une résistance perdurait. C’était le rapport avec son (l’enfant intérieur). En effet, elle le trouvait trop sensible et rétorquait par ses propos en séance : « Il me gonfle ». Autant dire qu’elle se dénigrait et se rejetait par l’intermédiaire subjectif de (l’enfant en elle). Elle se traitait comme sa mère la traitait ; avec mépris, méfiance etc, car l’enfant en elle était demandeur d’affection, et de réassurance, qu’elle n’était pas en mesure de lui apporter. Elle n’utilisait pas la (bonne formule) pour parler de dialogue rassurant. Tout d’abord parce qu’elle n’avait jamais appris à le faire, et n’ayant pas eu de modèle de référence et aussi parce qu’elle portait une culpabilité qui lui faisait dire (qu’elle était responsable de comportement dénigrant de sa mère).

 

 

Le tristesse de l’enfant intérieur

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Tout d’abord avec la technique de Thicht Nhat Hanh, il ne mentionne pas la visualisation. Quand l’enfant en soi a été abandonné par l’adulte que nous sommes, il se peut très bien aussi lors la visualisation avec l’enfant intérieur qu’il se produise la situation suivante. Jacques pratique pour la première cette visualisation avec son enfant intérieur qui pleure beaucoup. IL le repousse à chaque fois qu’il fait une tentative pour le rassurer. Nous observons que l’enfant en lui après avoir été déçu et rejeté dans sa vie infantile,  ne croît plus en personne et encore moins en lui (l’adulte). L’enfant qui pleure, c’est bien sur lui dans tout son être qui en est affecté, mais il se coupe de ses émotions. Il comprend qu’il ressent de la tristesse qu’il n’a jamais pu faire ressortir. Par contre elle s’exprime par un besoin d’exigence, de jalousie et d’abandon quand son petit ami part en voyage pour le travail. Jacques est homosexuel et il a toujours été au centre de l’attention de sa mère. Nous pourrions dire même qu’il était surprotégé, sauf ou une fois, ou il ne là plus été.  Il s’est senti rejeté et a interprété l’absence du regard maternel par la peur de perdre cet amour fusionnel. Il faut savoir que a surprotection génère une fragilité et une dépendance affective qui empêche le sujet de trouver son autonomie affective.

Pour guérir la tristesse de son enfant intérieur, il a fallu faire un travail de régression antérieure par l’intermédiaire de la sophrologie ou de l’hypnose pour retrouver la situation qui l’a affecté. Accueillir une émotion enkystée en se représentant la scène qui est porteuse du traumatisme est en ce point différente qu’elle nous plonge dans le ressenti réel.

 

la souffrance physique

 

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Nous avons parlé jusqu’à présent de la souffrance psychique, mais quand est-il de la souffrance physique ? De la douleur chronique, aux plus grands traumatismes physiques, l’acceptation est plus que difficile et demande un courage, et une « force d’âme » incommensurable. Comment accepter une souffrance physique qui nous condamne à vivre perpétuellement avec elle ? Je pense qu’il faut une bonne de spiritualité et de foi pour une épreuve qui nous est destinée. Deux cas de figure se présente, la première est le refus de la douleur et le deuxième est l’acceptation. Pour ceux qui ont une croyance indéfectible en Dieu peuvent se dire que c’est Dieu qui l’a voulu ainsi, car ils comprennent qu’ils ont choisi de vivre l’expérience de la douleur avant de s’incarner dans ce monde, et qu’ils en repartiront grandi. L’acceptation de la douleur physique part aussi du postulat présenté ci-dessus, qu’il faut accueillir la douleur comme on soignerait son enfant intérieur. Avec des techniques de méditation, un accompagnement thérapeutique ou les handicaps physiques et mentaux ne posent pas de limites à la prise en charge, la douleur peut être amoindrie psychologiquement pour que celle-ci soit acceptable. La douleur est aussi variable selon les individus. Certains possèdent des aptitudes à les sublimées comme Stephen Hawkins qui, handicapé à 90% continue de nous éblouir par ses talents de physicien et Christopher Reeves, aussi après son accident de cheval « s’est remis en selle » pour faire un jeu de mots…

Si nous avons joui d’une bonne santé jusqu’à présent, et qu’aucun incident n’est venu perturbé notre équilibre physico psychologique, la souffrance physique sera incontournable quand nous vieillirons. La sagesse sera alors de mise et point besoin d’extrapoler sur le refus de la douleur physique parce qu’en plus de cette, ils se rajouteront de la douleur psychologique. Ce n’est pas une nouveauté aussi de reconnaître que la souffrance physique est inhérente aux troubles psychiques. Les études dans ce domaine ont démontré que des cancers, ulcères, troubles du transit, troubles articulaires, cardiaques etc, ont une composante psychologique. D’ailleurs voici un exemple qui me concerne. Après m’être levé un matin, je regarde subrepticement par la fenêtre et je constate que ma voiture est sur cale. On m’a volé les quatre roues de mon véhicule en pleine nuit dans mon jardin. Ma surprise fut-elle que 3 jours après j’ai fait une colite néphrétique. Le médecin urgentiste qui m’a reçu m’expliquait alors qu’il n’y avait aucun rapport. Mais permettez-moi d’en douter, après plus de vingt ans d’exercice, j’ai pu constater un nombre considérable de guérison de troubles organiques et souvent dès que des émotions profondes ont pu être libérées. Quant à moi, je n’avais exprimé aucune colère trop habituer à maîtriser mes émotions, mais mon subconscient ne l’a pas entendu de la même façon que mon mental.

On compare la colite néphrétique à la  douleur Mesdames que vous éprouvez lors des contractions intra-utérines. Et bien! autant vous dire que ma douleur était telle qu’à 54 ans je me suis à pleurer comme un petit garçon. Libérez cette émotion n’a pas diminuer la douleur, mais elle était plus acceptable sur le plan psychologique. Huit mois plus tard, je dois faire une coloscopie et une fibroscopie. Idem, en rentrant chez moi, des maux de ventres, telles des brûlures ont provoqué une colère que je n’ai pu contenir, d’ailleurs, il ne  le fallait pas. Après avoir exprimé ma colère en frappant le sol parce que j’étais tordu de douleur, ma souffrance c’est calmée conjointement avec des antalgiques.

 

 

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Vous aurez compris que pour en terminer avec la souffrance il faut en reconnaître les causes, qu’il faut l’accepter car elle est un mal nécessaire à l’évolution de l’être et que vous avez le droit de l’exprimée. Pour conclure je citerai une partie d’une prière de soeur Emmanuelle que l’on retrouve dans son livre: Confession d’une religieuse:  » Seigneur, apporte-moi ta grâce, même en fac des pires événements: il n’en est  pas un qui ne puisse être source d’un bien qui m’est encore  caché, surtout si je m’appuie. »

 

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